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Daniel Chavarría, un Uruguayen faisant de la littérature cubaine

Par Ibis Frade
Source PL 23.02.2016

Daniel Chavarria
Daniel Chavarria

Daniel Chavarria a eu ses cheveux blancs dans une île caribéenne, la même qui apparaît souvent comme scène dans ses romans. Il vit depuis 35 ans à La Havane et se dénomme maintenant « un écrivain cubain né en Uruguay ». Ce pays  l’a vu naître comme romancier, un office qui lui est venu tardivement, selon ses dires. La capitale cubaine a inspiré un grand nombre de ses récits et c’est là qu’il a rencontré l'amour d’Hilda, sa femme.

Beaucoup de critiques l’encensent - même s’il n’est Cubain – pour avoir capté les essences les plus populaires, les appelés mondes « marginaux » et d’avoir trouver un riche matériel pour ses œuvres dans le langage courant.

« Quand j'entends quelqu'un dire quelque chose de nouveau, je l’enregistre tout de suite, mais plus comme un linguiste, je le fais comme une sorte de « collectionneur de paroles », toutes ces phrases me plaisent et j’essaie toujours de trouver leurs origines. Malgré ma formation en lettres classiques occidentales, je ne me considère pas un académicien, mais simplement un écrivain car je suis intéressé d’aborder la culture depuis ma perspective artistique. Je n’aime pas non plus le mot créé, il me sonne comme une « déification » du monde littéraire, je suis plutôt un scénariste,», a déclaré l'écrivain lors d’une table ronde dédiée à sa vie et son œuvre, durant la Foire Internationale du Livre de Cuba.

Bien sûr, le marché joue un rôle important chez une personne qui, comme moi, ne veut pas être académique et aspire à vivre de ce qu'il fait, a expliqué l'auteur de Joy. « Le marché exige l'humour, le sexe, la trame politique et le suspense, et je fais ces concessions. Mais aller à la périphérie de l'érotique et ne pas y entrer me sers, il faut appeler les choses par leur nom et, jusqu’à présent, personne ne m'a reproché la grossièreté dans le maniement de l'érotique, c'est un autre de mes concessions au marché. Je place l’humour comme un contrepoids au tragique et au dramatique ».

Daniel Chavarria admire profondément l'univers grec, et sa « dévotion » pour cette culture se fait sentir intensément dans El ojo de Cibeles, qu’il considère comme son meilleur roman. « Il s'agit d'un texte sur l'Athènes du Ve siècle et le protochristianisme existant dans la marginalité du monde grec. Pour ma littérature j'utilise des éléments tels que le suspense et une fin explicative de l'énigme posée, je n'aime pas la laisser ouverte au lecteur », a-t-il précisé. Selon lui, l'un des plus parfaites trames policières est celle de Œdipe roi, de Sophocle.

« Bien que ma formation gréco-romaine m'a beaucoup aidé, j’ai pris mes meilleures expériences lors de mes nombreux voyages en Amérique, ceux que j’ai fait presque comme un indigent », a dit l'écrivain octogénaire.

Daniel Chavarria dans la Foire du Livre de Cuba

L’écrivain uruguayen établit depuis de nombreuses années à Cuba fait la promotion d’une nouvelle version de son roman Joy, publié par la maison d’édition Capitán San Luis, dans la 25e édition de la Foire Internationale du Livre de Cuba.

« Joy n'est pas qu'un roman brillant car, formellement, il était très imparfait, comme le sont toutes les premières œuvres. C’est pour cette raison que j'ai décidé de le réécrire, maintenant il a le même contenu et l'expérience qui donne les années d’expériences. Le livre a eu un énorme succès et de nombreuses traductions, il a été publié dans tous les pays du camp socialiste et également au Viêt-Nam et en Corée du Nord. »

On attend également l'édition cubaine de sa biographie de Raúl Sendic, le père de l’actuel vice-président d'Uruguay. « Elle aura un titre différent à l'édition de Montevideo, qui est Soy el Rufo y no me rindo (Je suis le Rufo et je ne me rends pas), comme la devise de ce guérilléro. La dernière fois qu'il a dit ceci ils lui ont rempli la bouche de balles et il n’a pas pu ni manger ni parler durant de nombreuses années. Ici, les spécialistes lui ont reconstitué le visage et il a vécu pendant plusieurs années. Certains amis du Mouvement Tupamaros ont trouvé des erreurs dans le livre, que j’ai corrigé dans l’édition cubaine ».

Ses romans Viudas de sangre et Joy, ainsi que son autobiographie Y el mundo sigue andando figurent parmi les titres ayant un meilleur accueil du public dans la Foire Internationale du Livre de Cuba, dédiée cette année à l'Uruguay. On souligne aussi La piedra de rapé, dans lequel cet auteur avait faire revivre un de ses personnages préférés : Álvaro de Mendoza.

« Je ne suis pas un homme violent, la violence me produit des répulsions viscérales, mais je dois tuer mes personnages. D’où me vient cet instinct criminel, je ne sais pas, peut-être de mon incapacité de tuer quelqu'un ».

Pour le critique Francisco López Sacha, Daniel Chavarria appartient à la génération des écrivains « musiciens », il sait très bien « interpréter » les façons de parler.

Il réussit à unir des mondes différents avec ses textes, même s’il n’est pas Cubain, il a l'oreille entraînée à l'espagnol, au latin et au grec, ce qui lui donne ce don de capter le langage populaire de cette île.

 

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