• Icono de YouTube
  • Icono de Google Plus

CUBARTE

todo

Eduardo Manet de retour à La Havane

Source Granma 01.11.2015

Eduardo Manet-González
Eduardo Manet-González
La vie avec son caprice cyclique a fait qu'Eduardo Manet-González jouit actuellement des soirées havanaises depuis un balcon paisible qui a seulement pour scène la mer et son horizon. Le fameux metteur en scène, écrivain, dramaturge – qui a fondé l'Ensemble Dramatique National et a été un collaborateur permanent de la culture cubaine dans de nombreux espaces durant les années 1960 – profite de l'invitation que lui a fait le Conseil National des Arts Scéniques et Flora Lauten, pour réaliser le montage d’Éxtasis: un homenaje a la Madre Teresa de Ávila (Extase : un hommage à la Mère Thérèse d'Avila) avec le groupe Buendía, un spectacle dont la première aura  lieu lors du 16e Festival de Théâtre de La Havane.

Nommé depuis de nombreuses années président d'honneur de la Société des Auteurs et des Compositeurs Dramatiques de France, Eduardo Manet est venu à Cuba en 2014, comme partie du programme de la Semaine de la Francophonie. À cet occasion, Flora Lauten et Raquel Carrió, avec le groupe Buendía, ont offert une lecture dramatisée des Las monjas (Les nonnes) (1969), probablement le texte qui a donné de plus grandes joies à Manet, de qu’il a décidé d’écrire un monologue pour Flora Lauten.

Sur l'expérience et dans une interview exclusive, le dramaturge a révélé : « Quand j'ai été ici, je suis tombé amoureux du travail de Flora. Je dois confesser que je l’ai connu avant de partir de Cuba, car en 1968 elle était une jeune actrice. Quand je suis rentré en France l'an dernier, nous avons commencé à nous écrire et je me suis rendu compte que je partageais une correspondance avec une grande directrice, mais aussi avec une grande actrice. Elle a commencé à être séduite avec un projet basé sur les lettres de Thérèse d'Avila, un personnage avec qui on n'a pas été juste. Quand on lit les 468 lettres, on voit qu'elle était une femme de talent, de force. C’est pour cette raison que j’ai proposé à Flora de lui écrire un monologue. Elle m'a prévenue qu'elle était timide pour être seule sur scène. Alors je lui ai dit qu'elle fera une version avec Raquel Carrió, sa dramaturge de toujours. Maintenant le texte est signé par les trois. Dans cette nouvelle écriture d'autres personnages ont surgi. Flora est une actrice impressionnante avec une extraordinaire présence scénique. Je crois que cela va être une grande surprise pour le public. Après on verra comment on peut organiser une tournée internationale.

Le séjour de Manet à La Havane a soulevé un torrent d'émotions chez cet homme qui avait toujours créé sa littérature en français. Même sans voir la première de sa pièce de théâtre avec le Buendía, Manet avait déjà à l’esprit d’écrire son premier roman en espagnol.

« Je ne cesse pas d'écrire. Je crois que je mourrai avec mes bottes et avec la plume à la main. Maintenant j'ai un livre ayant beaucoup de succès, basé sur la possibilité que je sois un petit-fils du peintre impressionniste Edouard Manet (1832-1883). Mon véritable nom est Eduardo González-Manet. Avec le temps je suis resté seulement avec Eduardo Manet. Mais j'ai fait beaucoup de recherches et il est possible que mon père soit le fils bâtard du peintre avec une Espagnole. J’ai écrit un roman en français sur ce thème, intitulé Le Fifre (2011), qui a été traduit en espagnol sous l’excellent titre La amante del pintor. La vente a eu un succès surtout chez les jeunes étudiants qui adorent la peinture française.

En voyant tout cela je me suis dit qu’il était temps d’écrire en espagnol. La première chose que j’ai faite est d’écrire ce monologue pour Flora, mais je vais vous donner une prémice…, maintenant je veux écrire un roman en espagnol. J'adore la culture chinoise et j’ai l'idée d’écrire une histoire d'amour à La Havane, entre un jeune Chinois venant de Canton et une jeune Française qui vit à Cuba. Naturellement, aucune de deux familles ne veulent qu’ils se marient, mais l'amour est plus fort. C'est une double histoire d'amour entre le Chinois et la Française, mais aussi entre la Chine et Cuba, qui se déroule entre 1919 et la chute de Machado ».

Sur sa présence à La Havane après tant d'années d'absence et la polémique que cela pourrait soulever dans certains médias internationaux, Manet a exprimé avec fermeté :

« Les temps changent et il y a trois types de personnes : ceux qui vivent dans le passé, ceux qui vivent dans le présent et ceux qui vivent dans l'avenir. Je suis de ceux du présent et de l'avenir. Les changements que se propose Cuba aujourd'hui  pourront être faits pas à pas. Mon désir est de pouvoir revenir le plus fréquemment pour le plaisir de voir mes amis, de voir la mer. Je pense que les changements sont positifs et que l'honnêteté de chacun doit être présente dans ce qui fait Cuba aujourd'hui, que ceci peut être vraiment très brillant ».

Par Mercedes Borges Bartutis

Ajouter un commentaire