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Ernesto Fernández Nogueras : « Le travail artistique et défini par le temps, par la vie elle-même »

Par Astrid Barnet
Source CUBARTE 14.07.2015

Ernesto Fernández Nogueras
Ernesto Fernández Nogueras

Depuis sa jeunesse où il commence son parcours en tant qu’artiste de l’objectif, son travail a été qualifié par des experts comme possédant une indiscutable excellence, malgré cela, pour Ernesto Fernández Nogueras il a toujours existé un seul but essentiel à l’heure d’appuyer sur l’obturateur : « Capter mes images avec la conscience d´accomplir un grand devoir et de le faire avec amour. C’est la seule façon de faire pour qu’elles soient parfaites ». Prix National d’Arts Plastiques 2011, « (…) pour un ouvrage photographique de très haute qualité, qui mélange  l´expérience esthétique avec des valeurs transcendantales du témoignage », il a en plus le mérite de la simplicité, la spontanéité et l’éloquente sincérité à l’heure du dialogue. Des attributs qui se sont rendus évidents lors de la présente interview concédée au journal numérique Cubarte.

Pour quoi la photographie dans votre vie ? Comment commence cela, où et pourquoi ?

Avant de répondre, je voudrais vous  commenter quelque chose qu’avec le temps a eu une grande influence dans ma formation comme photographe. La question mérite ce commentaire. Quand j’étais un enfant –adolescent, à La Havane il existait la police de tourisme. L’un des agents, avec qui j´avais tissé une très bonne amitié, me parlait tout le temps des filmes projetés dans les salles de cinéma du quartier. Je me souviens qu´au cinéma Alcazar –situé dans le croissement des rues Virtudes et Consulado à la Havane- j’ai regardé les longs métrages La charge des 600, Bungadin, le cinéma noir de l’auteur américain Dashiell Hammett, les comédies musicales telles Un américain à Paris, Chantant sous la pluie… J’ai apprécié enfin tous les longs métrages réalisés par les grands metteurs en scène et scénaristes du cinéma de cette époque. A vrai dire, si au début j’ai fait quelques photographies je lui dois, car il m’a emmené voir du cinéma de tous genres et à échanger avec des personnes qui connaissaient le monde cinématographique. De cette façon commence mon intérêt pour le monde de l’image, quelque chose qu´ est devenue plus évidente lorsque j’ai eu pour la première fois entre mes mains un appareil photographique. Je suis tombé amoureux de ce monde jusqu’à présent.

Également, il s´est produit un événement fondamental qu’a favorisé mon entrée dans ce monde à mes treize ans. Dans le hall de l’Hôtel Plaza à La Havane –où travaillait ma mère- j’ai rencontré Josefina Mosquera (1). Elle a immédiatement sympathisé avec moi. Au point que le lendemain elle m’a récupéré dans sa voiture pour m´emmener dans un campement d’été situé dans la plage de Santa Fé, où il y avait une petite maison avec des chambres très bien agencées. Je n’oublie pas que les lits superposés dans les chambres étaient le fruit de la transformation et l’adaptation de dix ou douze voitures de tramway.

A la suite de ces vacances inoubliables, Josefina m’emmène connaître l’immeuble où siégeaient les revues Carteles et Vanidades –à l’époque propriétés du célèbre homme d’affaires Alfredo T. Quilez (2) – il s’agissait d’un immeuble composé par trois nefs qui recouvraient tout le pâté de maison entre les rues Infanta et Peñalver à La Havane, et il était doté des machines très modernes pour la bonne réalisation de deux publications. Imaginez-vous ma surprise quand je suis rentré dans les ateliers et j’ai observé les bobines de papier de quatre couleurs en train de courir et de couper à une vitesse inimaginable, ainsi que le travail photographique qui se réalisait avec beaucoup de soin et dévouement par les créatifs, dans une autre salle… J’étais fortement impressionné.

Cette femme s’est tout de suite rendue compte et c’est à ce moment là qu’elle m’a proposé de travailler à cet endroit, non sans me conseiller du fait que « qui apprend un métier aura toujours une vie sûre ». De cette manière et avec seulement treize ans, j’ai commencé ma vie professionnelle, sans jamais arrêter mes études du soir. Ma mère m’a soutenu dans cette démarche.

Je n’oublie pas le travail sur les tons clairs des photos – très intéressant et délicat -, c’était celui qui me plaisait le plus, mais Josefina a voulu, néanmoins, que je m’occupe de maquetter. Elle était une femme droite et disciplinée, même avec Belinda, sa fille adoptive, qui travaillait aux archives. En tant que Directrice de deux revues elle arrivait la première à la maison d’édition (entre sept heures et sept heures et quart du matin) et réglait ces comptes avec ceux  qui arrivaient en retard. Avec elle j’ai appris également à être discipliné en ce qui concerne les horaires de travail.

Je dois remarquer que Josefina avait commencé à travailler dans ces publications comme femme de ménage et c´est avec le temps qu´elle est arrivée jusqu’au poste de Directrice. A l’époque de nombreux jeunes souhaitaient travailler chez Vanidades mais pour ce faire il fallait  avoir son soutien. Si vous teniez deux mois à supporter Josefina, vous étiez un brave.

Je n’oublierai jamais que, près du siège de la publication, il y  avait un petit bar nommé La Cuevita de Luis – du nom de son propriétaire -, où l’on se donnait rendez-vous la plupart des travailleurs de la publication afin de discuter sur leurs idées créatives. En même temps il y avait les rendez-vous des scouts en provenance des États-Unis  qui se renseignaient auprès de Luis  sur les meilleurs créatifs que Josefina avait à ces moments là. Et tout de suite ils les contactaient  pour  leur proposer du boulot dans leur pays. Ils ne les testaient même pas ! Car ils savaient que celui qui travaillait avec elle devait être un excellent expert en arts graphiques.

D’un autre côté, chaque lundi la couverture de Carteles était réalisée par le dessinateur Andrés García, tandis que le texte passait entre mes mains en tant qu’aide dessinateur ; chaque mardi se réalisait l’édition et chaque mercredi on procédait à l’impression. Enfin, la revue, (déjà emballée) était envoyée par voie aérienne vers l Amérique centrale.

Il faut dire que dans cette publication travaillait la crème de la crème des intellectuels cubains de l’époque. Par exemple, le journaliste Luis Gómez Wanguermert était le chef de la rédaction. En 1953, Miguel Ángel  Quevedo de la Lastra (3) aussi   journaliste achète les deux revues et en devient le propriétaire. À ce moment là je commence la réalisation des photo-reportages aux côtés des journalistes renommés. Cela m’a rendu très heureux car avec cette tâche ma vie a fait un bond.

D’où vient l’adjectif épique pour qualifier la photographie dans votre travail ? Comment a-t-il été votre lien avec Fidel ?

Je ne sais pas, sincèrement. Il semblerait qu’avec cet adjectif on a voulu faire ressortir ou inclure les génies, les plus forts de la photographie de ce pays. Je crois que cet adjectif vient d’un livre de photographie publié aux débuts du triomphe révolutionnaire, où sommes inclus Korda, le vieux Salas et moi-même.

Je n’oublierai jamais qu’une fois le réalisateur de cinéma Fernando Birri (4), m’a dit : « Depuis des années j’observe ton aisance pour bouger à travers le public ou à l’écart de lui pour faire tes photos. Tu ne parles à personne ni avant, ni durant, ni après. Et pourtant tu fais tes photos (dont celles de Fidel) et avec la même discrétion tu arrives et tu repars. Personne ne réalise ta présence en tant que professionnel de l’objectif, jusqu´au lendemain où sont publiées tes photos. »

C’est peut être pour cela, pour ma manière d’être et de me conduire, que je n’ai jamais eu un lien direct avec Fidel. J’ai eu des discussions avec lui à des nombreuses occasions  où je lui ai fais des photos, mais uniquement à caractère professionnel et toujours sous ses ordres.

De quelle façon est-elle née la photo de Fidel à Giron, que l’on montre sur l’immense bâche dans le populaire croissement des rues 12 et 23 dans le quartier Vedado de La Havane ?

Il existe aujourd’hui quelque chose d’indiscutable, il s’agit du développement de l’informatique de plus en plus galopant et réussi. Ce monde là m’a permis de découvrir et de réfléchir sur le fait que nous les humains possédons tous une sorte de disque dur et de mémoire vive. Tu as un disque dur où tu déposes tout, un  plus d’une mémoire vive qui te permet de faire connaître cette grande quantité ou flux de connaissance. Mais quand on vieillit, c´est la mémoire vive qui est défaillante, et non pas le disque dur. Par exemple, j’ai rencontré une dame qu´avait 106 ans –dommage de ne pas l’avoir enregistrée en studio - ,  quand elle  commençait ses discussions, le faisait comme si elle avait sept ans, et appelait ses parents, ses oncles, grands-parents et sa famille en général ; elle exigeait ses poupées, racontait des faits de son école, et des nombreuses situations, jusqu’à ce qu´elle commençait à pleurer la mort de son époux. Elle remémorait les faits et les événements qu´ avaient eu lieu et qui se trouvaient stockés ou recueillis dans son disque dur et que parfois, sa mémoire récupérait.

Qu’est-ce que je veux dire avec cela ? Si tu veux créer quelque chose dans ta vie, ne prends pas ta mémoire vive pour prétendre d’être intelligent ou pour créer. Personne ne peut le faire si l’on ne possède pas un background ou disque dur qui stocke l’infinité de connaissances qui tu es capable d’acquérir durant toute ta vie. Et si tu l’as vécue intensément, encore mieux.

Cela était aussi dit par l’écrivain nord-américain Ernest Hemingway dans d’autres mots : « Parfois je m’assois face à la machine à écrire pour essayer de travailler et je n’y arrive pas. En revanche, quand je me mets à écrire des bêtises – en pensant à rien –c’est à ce moment là que l’inspiration arrive ».

Je reprends mon discours du début de cette interview. Le fait d’avoir profité du cinéma depuis que j’étais petit, a fait que les images restent dans mon cerveau (disque dur). Par exemple, j’ai une photo dont le sujet est la Columna Juvenil del Centenario – j’aimerais que quelqu’un pense  un jour à faire une recherche sur cela – que j´ai prise comme on dit à la louche, avec  un appareil appuyé sur la taille, sans télémètre, et à une vitesse assez réduite. Néanmoins, avec cela j’ai réussi à capter sans fautes le geste du garçon. Cette photo me rappelle un film de 1952 nommé Riz amer, avec l’actrice italienne Silvana Mangano, habillée d’une façon très tentatrice (presque nue) et qui, avec un geste très sensuel a dévié son visage vers la caméra. Cette scène a été très éloquente et je l’ai gardé avec soin dans mon disque dur.

La photo dont on parle je l’ai prise après le bombardement à Playa Girón. J’évoque le fait qu’il y avait des personnes qui marchaient vers moi et autour quelques bus se dirigeaient vers le front de bataille. Je marche derrière eux et je commence à faire des photos – en réalité il s’agissait d’une image très cinématographique, comme dans un filme – et c’est à ce moment que je vois ce garçon d’environ douze ans et je lui dis : « Si tu n’as pas peur, je te fais une photo. » Et c’est alors qu’il fait un geste avec son visage et il se tourne, ce que j’ai capté immédiatement. Peu de temps après cette même photo a gagné un prix dans un concours de photographie à Moscou.

Quel a été le moment professionnel le plus important dans votre vie jusqu’à maintenant ?

Avant tout  je crois en Dieu, même si je ne suis ni catholique ni protestant, ni appartenant à d’autres religions. Et c’est comme cela car je crois que quelqu’un me protège tout le temps face à la grande quantité de faits, situations et problèmes que j’ai dû affronter pendant toute ma vie. Je cite une situation, et cela m’est arrivé dans une occasion où je me trouvais sur les berges du fleuve San Juan – à la frontière entre le Costa Rica et le Nicaragua – à un moment un puma me tombe dessus et m’enlace, et malgré cela, à la fin, rien ne m’est arrivé. Je m’en suis débarrassé en restant tout calme et silencieux, collé contre lui.

Je pourrai également te raconter de nombreux faits qui me sont arrivés lors de la Lutte contre les Bandits dans les montagnes de l’Escambray, lors de la guerre en Angola… J’ai eu peur à maintes reprises, je ne le nie pas. Mais ma peur est assez étrange, car je suis toujours rassuré par une pensée positive, celle de ne pas me voir parmi les morts. Ils ne m’ont jamais impressionné.

Et en ce qui concerne le fait le plus transcendantal de ma vie professionnelle… Franchement, il n’existe pas. Je considère que dans la vie tout est important selon la façon dont on l´envisage. J’espère laisser une vie organisée pour mes enfants, et c’est pourquoi  je suis en train de scanner plusieurs négatifs, de réaliser une sélection de photos…

De la même façon je n’ai jamais nié que j’aie été un bohème, en plus de ne jamais avoir accordé une grande importance aux choses matérielles. Elles n’ont pas compté. A cela je voudrais ajouter que l’ouvrage artistique est défini par le temps, par la vie, et mes photos en sont le témoignage. Si les critiques les classent en tant qu’art et les exposent dans des musées ou dans des expositions, j’adore ! Mais ce critère je ne le prends pas en compte et je ne le ferai pas.

En ce moment j’écris ma biographie, mon discours testimonial, et je le fais avec beaucoup de photos. Toutes liées à l’histoire de cette Révolution depuis les premiers jours de son arrivée au pouvoir. J’ai toujours dit que la Révolution cubaine est l’événement le plus marquant de la deuxième moitié du 20ème siècle, et pour cela, je conserve une infinité d’images photographiques que font partie de l’histoire de mon pays, des témoignages qui reflètent plus d’un demi-siècle de notre parcours révolutionnaire.  Ce n’est pas parce qu’elles sont les meilleures du monde, mais du point de vue artistique, je crois qu’elles se trouvent parmi les plus complètes qu’on ait réalisé jusqu’aujourd’hui.

Dans chacune on inclut des moments historiques relevant de notre Révolution tel le triomphe en Janvier 1959, la Lutte contre les Bandits, les luttes contre les débarquements pirates, Playa Girón, las Crise des Missiles, la Columna Juvenil del Centenario, les micro brigades de bâtisseurs… en plus d’artistes et personnalités de notre Culture.

J’ai un souhait, et j’aimerais qu’il soit exhaussé, mon souhait est qu’on réalise une exposition permanente sur mon œuvre photographique de plus d’un demi-siècle. J’espère que cela sera fait, car avec cela on montrerait l’histoire de mon peuple révolutionnaire, courageux et héroïque. Unique dans le monde entier.

 

Notes

(1) Josefina Mosquera: directrice des revues Vanidades y Carteles (Voir Jiménez Soler, Guillermo: Los propietarios de Cuba 1958. Editorial Ciencias Sociales, La Havane, 2014. 4ème Edition).

(2) Alfredo T. Quilez (Guanabacoa, La Havane, 14 avril 1886). A réalisé ses études au Collège Belén, à La Havane et aux Etats-Unis. En 1916 il a créé la revue Social, la première à avoir été imprimée en off-set, orientée vers la haute société, de très bonne qualité et qui comptait certaines de meilleures plumes de la période républicaine, qui ont débuté dans ses pages, tels Alejo Carpentier, Emilio Roig de Leuschsering, Miguel de Marcos, Max Henríquez Ureña et des spécialistes tels José Luciano Franco et Joaquín Weiss. Plus tard il a acheté la revue Carteles que Conrado G. Massaguer avait fondée en juin 1919, tandis qu’il a gardé la revue Social. En 1937 il a créé Variedades.

 (3) Miguel Ángel Quevedo de la Lastra: Cubain, journaliste et propriétaire de magazines. Principal propriétaire de Publicaciones Unidas S.A., maison éditoriale et d’impression des magazines hebdomadaires Bohemia et Carteles et de la publication mensuelle Vanidades. Il s’agissait des publications avec la plus grande circulation et les plus importantes du marché, dont elles avaient pratiquement le monopole. Le 23 décembre 1953, Quevedo de la Lastra a acheté les revues Carteles et  Vanidades à Alfredo T. Quilez.

(4) Fernando Birri. Argentin. Prestigieux réalisateur de cinéma. À Cuba il a été directeur de l’école Internationale de Cinéma latino américain de San Antonio de los Baños.

 

Par Astrid Barnet

Licenciada en Periodismo: Universidad de La Habana (1976)

Graduada de Ingles de la Escuela de Idiomas Abraham Lincoln (1969); Universidad de Toronto, Canadá (1971); Curso de Perfeccionamiento/Actualización CECE (1988)

Como periodista, desde hace más de treinta años, ha participado en un gran número de eventos nacionales e internacionales de índole económica, política y académica en general. Entre ellos: eventos de la Brigada Venceremos (BV) en Cuba y Canadá 1970-1982; eventos diversos relacionados con la Unión de Periodistas de Cuba (UPEC); eventos relacionados con la Paz y el Desarme —en el Movimiento Cubano por la Paz y la Soberanía de los Pueblos—, en la Asociación por la Unidad de Nuestra América (AUNA), en la UPEC, en el Instituto Cubano de Amistad con los Pueblos (ICAP), en el Centro de Estudios Martianos; diversas coberturas de prensa en Feria Internacional de La Habana (FIHAV), desde 1989 en que se inaugura el recinto ferial de Expocuba.

Colaboró en la confección del libro Cuba y la Defensa de la República Española (1936-1939), del Instituto de Historia del CC-PCC. La Habana, 1981, al igual que en investigaciones diversas sobre Historia de Estados Unidos y de Cuba para la Brigada Venceremos (BV) y durante misiones de trabajo periodístico. Desde 1971 publica trabajos sobre temas diversos en distintos órganos de prensa: revista Moncada (años setenta); en los diarios Granma; en Granma Internacional; Trabajadores; Opciones; revistas Cuba Internacional, Cuba Foreign Trade, de la Cámara de Comercio de Cuba, de la cual fue redactora publicitaria durante casi ocho años; editora de la revista AUNA (1995-1999), de la Asociación por la Unidad de Nuestra América, que presidiera el doctor Guillermo Toriello Garrido, ex Canciller de Guatemala durante el gobierno de Jacobo Arbenz. Fue reportera en el NTV, en las emisoras Radio Reloj, Radio Rebelde y en la revista informativa digital CUBAHORA. Actualmente colabora también en la Asociación Cubana de Naciones Unidas (ACNU), de donde es vice secretaria de su comisión de Prensa. Asimismo, escribe para la página digital Librínsula, perteneciente a la Biblioteca Nacional José Martí.

Desde 2011 es Profesora Auxiliar de la Universidad de La Habana. Ostenta como distinciones un Segundo Premio Internacional El Periodismo, como Instrumento de Lucha por la Paz en el Mundo (1988), convocado por el Club Primera Plana, de México y la Medalla Félix Elmuza, de la Unión de Periodistas de Cuba (UPEC).

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