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L’Equateur promeut la culture comme outil émancipateur et droit de l’homme

Par Masiel Fernandez Bolaños
Source PL 28.07.2015

Guillaume Long
Ministre équatorien de la culture, Guillaume Long

Paris (PL) La Révolution Citoyenne, dirigée par le président Rafael Correa en Equateur, est centrée dans promotion de la culture comme un droit de l’homme et un outil d'émancipation.

Prensa Latina  a parlé de ce sujet avec le ministre équatorien de la culture, Guillaume Long, qui a effectué une visite de travail en France.

PL: Depuis  la culture, comment lutter contre les efforts déstabilisateurs qui ont lieu en Equateur ?

Nous avons huit ans de Révolution Citoyenne qui a été un processus merveilleux, très démocratique, de la grande réduction de la pauvreté, des inégalités, d'une croissance économique avec la redistribution, des travaux publics donc l'état joue un rôle important.

Le Président Correa a encore un appui massif de la population. Nous essayons de transformer la société et pendant ce procès quand on touche les privilèges et les nœuds sensibles du capital, alors la grande oligarchie  s'oppose.

C'est pourquoi nous sommes confrontés à un scénario politique difficile, une droite de plus en plus agressive et désireuse de revenir au pouvoir. Nous les constatons avec les messages qu'ils envoient par l'intermédiaire de leurs médias. Ils essaient de tromper surtout la classe moyenne  pour qu’elle sorte dans les rues.

Face à  cela, nous devons être de plus en plus proche de nos électeurs, de nos citoyens, dans les quartiers, à la participation citoyenne.

Il faut continuer à travailler avec les gens, parce que si le village n'est pas mobilisé et ne comprend pas chacune des étapes qui sont donnés, alors il ne se mobilisera lorsqu'il y a un danger que  rôde.

Les révolutions ne sont pas possibles sans la culture, c'est une des choses que Cuba a  comprise toujours. Même pendant la période spéciale, l'île des Caraïbes a attribué  un important budget à ce secteur.

Il est essentiel, car la domination des peuples n'est pas seulement par la force, mais à travers la culture aussi. C’est pour ça que  les États-Unis dépensent 12 pour cent de son Produit Intérieur Brut aux industries culturelles et nous en Equateur moins d'un pour cent.

Je crois que nous avons parcouru un long chemin. La Révolution Citoyenne a été un phénomène qui a donné de la fierté, de la dignité, de l’espoir et de l’optimisme aux Equatoriens, au-delà de toutes les réalisations économiques et sociales qui sont très importantes.

Toutes ces réalisations doivent s'accompagner de politiques qui ont beaucoup à voir avec l'identité et l'éveil de la sensibilité du peuple envers les arts et la culture.

La grande erreur des Ministères de la Culture en général en Amérique latine a été de donner trop d'importance aux artistes et managers culturels en oubliant la formation du public.

Dans notre pays, nous travaillons très fortement sur la question de la formation du public. Il doit y avoir un système comme à Cuba, aux États-Unis, en France et dans d’autres pays qui sont des puissances culturelles, de formation artistique depuis l’enfance.

Toute cela en pensant que certains vont se spécialisés et deviendrons des artistes et d’autres seront des citoyens avec des droits culturels. Cela nous donnera la diversité qui exige la société équatorienne.

Nous sommes très impliqués dans les quartiers pauvres et complexes où l’activation culturelle joue un rôle fondamental. Accompagner les jeunes est essentielle car c'est le moyen d'être proche d'eux, de comprendre leurs problèmes.

Il faut les expliquer ce qui se passe au niveau national et surtout à promouvoir la culture comme un outil d'émancipation personnelle, loin de la criminalité et d'autres maux. Etre porche du peuple nous distingue de la droite et nous devons garder cette proximité maintenant plus que jamais.

Le rôle de l'État est de niveler la consommation culturelle que tout ne soit pas d’Hollywood, de l’industrie culturelle nord-américaine, écrasante, cette standardisation vient aussi du capitalisme.

Ils nous font croire que le socialisme est triste, que tous se habillent pareil, qu’on mange la même chose et que le capitalisme est la diversité, ce qui est un mensonge, parce que à travers  la consommation, la mode et les patrons esthétique se fait  l’homogénéisation de la culture.

Nous devons montrer au monde que le socialisme peut être différent et plus diversifié que le capitalisme.

Ceci est obtenu  en uniformisant toutes les formes d’expressions  artistiques, de l'accès à la culture, aux mêmes conditions. Cela signifie qu’il est nécessaire de soutenir ceux qui ne sont pas visibles  afin que chacun puisse jouir de la culture dans des conditions égales.

PL: Qu’est ce qu’il faut faire pour que la richesse culturelle de l'Amérique latine devienne une forteresse dans les mécanismes et processus d'intégration dans notre région ?

Nous devons consacrer des ressources à la culture. Il ne peut pas être la dernière rubrique  d'une longue liste de priorités. C'est difficile parce que nous avons tous des besoins urgents, mais si l'un est basé sur la prémisse selon laquelle, sans culture il n'y a pas de souveraineté, il est important que les pays d'Amérique latine puissent allouer des ressources adéquates.

L’institutionnalisation est aussi  importante. Dans le cas de l'Equateur on n’a pas encore une solution. Sept ans se sont écoulés sans une loi de la culture tandis qu'elle est ordonnée par notre Constitution.

Avoir cette loi signifierait une bonne institutionnalisation institutions, avec des bonnes écoles d'art, des musées aussi ludiques. Il est nécessaire de travailler à garantir les droits des artistes.

L'intégration latino-américaine doit également être développée sur le plan culturel.

Si dans un pays X on a davantage accès aux biens culturels de l'extérieur de la région que aux biens d'Équatoriens et vice versa,  alors nous n'avons pas réussi dans nos tentatives d'intégration, de nous connaître et de respecter mutuellement, à nous intégrer culturellement, qui est encore un défi.

En septembre prochain on aura une  réunion des ministres de la culture de la Communauté d'États Latino-américains et Caribéens à La Havane.

Lors de la réunion, Équateur proposera, avec le soutien de plusieurs pays, beaucoup plus d’intégration culturelle et le développement des programmes d'échanges dans ce domaine, avec des politiques renforcées au niveau régional.

PL: Le secteur culturel a beaucoup de poids dans les relations entre votre pays et la France, quels sont les principaux objectifs de votre visite dans ce pays ?

Nous avons plusieurs sujets que nous travaillons avec la France. Parmi eux un festival de théâtre international qu’aura lieu  l'année prochaine dans la ville de Loja (Sud) en Equateur.

Il y a eu lieu une rencontre avec la ministre de la culture gauloise, Fleur Pellerin, et j’ai me rendu à Avignon (sud-est), parce qu'il existe un processus d'assessorat de la part du Festival, l'un des plus importants au monde,  qui se déroule dans cette ville.

D’autre part, on a prévu une grande exposition des objets archéologiques  précolombiens sur le Quai Branly, un musée renommé à Paris. Cela donnera visibilité à l'Équateur.

Ce sera la plus grande exposition à l'étranger dans l'histoire de l'Équateur. Elle est véritablement révolutionnaire, très ludique, avec beaucoup de technologie.

À la fin de 2016, il aura lieu un festival de l'Équateur en France, qui sera dans tous les arts, cinéma, arts visuels, scéniques etc.

 

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