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Le centenaire de la visite d’Ana Pavlova à Cuba

Source Granma 06.05.2015

Anna Pavlova
Anna Pavlova

Personne ne peut atteindre la cime avec seulement le talent. Dieu donne le talent, le travail transforme le talent en génie.

L'histoire de la danse à Cuba a le privilège de compter dans ses pages la présence de la légendaire danseuse russe Anna Pavlova (Saint-Pétersbourg 1882 - La Haye 1931) qui est arrivée dans l'île le 12 mars 1915.

Sa première représentation a eu lieu le 13 mars dans le théâtre havanais Payret, avec un répertoire comprenant des ballets Jaunes (musique de Tchaïkovski) ; La nuit de Walpurgis (danse de l'opéra Faust, de Gounod) et, parmi les propositions comme « diversions », La mort du cygne (une chorégraphie de Mikhaïl Fokine sur la musique Le cygne du Carnaval des animaux, du compositeur français Camille Saint-Saëns).

À l’occasion du centenaire cet événement, le Musée de la Danse de La Havane a inauguré une exposition dédiée à cette célèbre artiste russe.

Son directeur, Pedro Simon, a eu la gentillesse de parcourir l’exposition et de donner des explications sur ses pièces les plus importantes ainsi que d’offrir de précieux commentaires sur la légendaire danseuse pour cette publication.

Il a rappelé qu’Ana Pavlova est venue trois fois à Cuba : la première fois en 1915, avec son partenaire Alexander Volinine ; la seconde en février 1917, présentant Giselle, Coppélia et quelques pièces courtes dans la Théâtre National et en décembre 1918, offrant se dernière représentation le 11 janvier 1919, les danses de l’opéra Faust de Gounod (la valse du deuxième acte et La nuit de Walpurgis).

« Nous commémorons sa première visite lors de laquelle Ana Pavlova a dansé également dans le théâtre Sauto, de Matanzas, et dans le Terry, de Cienfuegos. Ici, dans le Musée, nous avons de nombreuses pièces se référant à elle, dont une quantité importante d'originaux », a commenté Pedro Simon.

Le parcours a commencé par une curiosité, une photocopie. « Ana Pavlova voyageait avec une couturière très liée à elle, c’était elle qui l’habillait, et cette jeune fille est tombée amoureuse d’un électricien du théâtre au point qu’elle a décidé de rester à La Havane et de se marier avec lui. Ana Pavlova a soutenu une correspondance avec elle durant très longtemps. Cette dame est décédée ici dans une maison de retraite. Des Russes ont rencontré la vieille femme avant nous, ont acheté toutes les lettres et ils les ont emporté à Moscou. Il s'agit d'une photocopie d'une photo qu’Ana Pavlova lui avait dédiée et qui est parue dans un reportage de la revue Cuba ».

« Cette sculpture est celle de Malvina Hoffman (New York, 1887-1966), qui les a faites grandeur nature, une commande faite pour le Jardin du Luxembourg de Paris. Elle a réalisé six ou sept exemplaires de la maquette, celui-ci en est un. C'est Pavlova avec Mordkin dans Bacchanale, vous voyez comment elle a bien saisi le mouvement ».

Selon le chercheur Francisco Rey, « Ana Pavlova a séjourné dans l'hôtel Telégrafo…, elle employait son temps libre à la vie sociale… Ces photos avec diverses personnalités en sont le témoignage… ».

Pedro Simon souligne « Le Musée de la Danse possède trois photos dédicacées de Pavlova à Cuba, une à madame Cosme de la Torriente, une à Conchita Valdivia et celle donnée au notable journaliste Luis Gómez Wangüemert, qui l’a donné à la fin de sa vie à la prima ballerina Alicia Alonso ».

L'exposition comprend des copies des photos personnelles de la grande artiste russe interprétant certains personnages et deux peintures à l'huile, dont une donnée par le Musée National des Beaux-arts.

On peut aussi apprécier des cartes, des programmes des présentations d’Ana Pavlova en Amérique Latine et à Cuba et des timbres-poste. « Il y a un en hommage à Fokine, Pavlova dansant La mort du cygne, qu’il a créé spécialement pour elle. Galina Oulanova et Alicia étaient présentes à l’oblitération de l’enveloppe le premier jour et celle-ci compte la signature des deux danseuses »

« Je vous montre une curiosité historique : Pavlova et Lecuona se sont connus et ils sont restés fascinés, elle par sa musique et lui pour elle. Lecuona lui a composé la Valse du papillon et, selon un témoignage, j'ai l'entrevue originale, lors d’une fête donnée en son honneur et à laquelle était présente Pavlova, il a joué la valse et elle l’a dansé en improvisant. Ensuite, quand Lecuona a fait la première édition imprimée de la pièce, la couverture comptait cette photo que Pavlova lui avait dédicacée. Celle-ci est une reproduction. Alicia, dans sa chorégraphie Retrato de un vals, a utilisé cette œuvre de Lecuona, qui était un peu connue ».

Comment situez-vous Pavlova dans le panorama de la danse mondiale ?

C'est l'un des grands mythes de l'histoire de la danse, et les mythes sont nécessaires. Il faut un mythe de temps en temps pour la revitaliser. José Lezama Lima donnait beaucoup d'importance aux mythes, il disait qu’ils sont les forces qui aident à avancer et il n'aimait pas quand quelqu'un voulait briser un mythe. Lezama affirmait que les mythes ne se brisent pas, ils s’alimentent.

Elle est aussi importante car elle a inspiré toute une génération et elle a étendu son amour pour le ballet dans le monde entier. La même chose arrive aujourd'hui avec Alicia, sa personnalité est essentielle pour de nombreux danseurs. Pavlova était une danseuse qui avait quelque chose de très spéciale, que discernons mal en voyant un film. C'est un phénomène qui se produisait quand elle était sur scène. Un phénomène de relation avec le public.

Sa présence est importante pour l'histoire de la danse à Cuba…

Nous avons deux symboles de l'histoire de la danse avant le Ballet National de Cuba, l’Autrichienne Fanny Elssler, une des grandes danseuses du romantisme du XIXe siècle, et, au XXe, Anna Pavlova. Les deux sont venues à Cuba. Ensuite est venu le mythe Alicia Alonso, qui est à l’origine d’une école de ballet et d’une compagnie.

La mort du cygne ?

C'est sa grande légende. L'idée originale est de Pavlova. Elle a découvert un poème qui parle d'un cygne mourant, elle commence à y penser et elle en parle avec Fokine, qui créé la chorégraphie pour elle. C’est sa pièce la plus célèbre, elle lui apportera la gloire.

D’autres cygnes ?

Pour Fokine, plus qu’un cygne, c’était une âme qui voulait mourir. Galina Oulanova l’a dansé, l’a rendu plus essentielle, le mouvement des bras de Maya Plissetskaïa était célèbre. Alicia a peu dansé La mort du cygne. Cette pièce se maintient dans le répertoire de la compagnie. Dans le passé, Josefina Méndez l’a dansé souvent et, maintenant, ce sont Viengsay Valdés et Sadaise Arencibia qui l’ont monté.

Ana Pavlova est un nom duquel a dérivé un adjectif, « c’est une pavlova ». le poète étasunien Ezra Pound l’a utilisé : « L’âme pénètre sur la pointe des pieds comme une pavlova auréolée ».

La grande danseuse a aussi créé sa propre compagnie, qu’elle a dirigée durant 15 ans, au cours desquels elle a offert plus de 4 000 représentations sur tous les continents. Elle a toujours été fidèle à sa philosophie : elle avait un talent naturel, qui, avec son travail constant, l’a converti en l’une des plus prestigieuses personnalités de la danse universelle.

 

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