• Icono de YouTube
  • Icono de Google Plus

CUBARTE

todo

Le film Conducta arrive au Mexique

Source Cubacine 09.03.2015

Avec plus de 30 prix internationaux dans plusieurs pays, le film Conducta, le second long métrage de fiction du Cubain Ernesto Daranas Serrano est né, selon le réalisateur, « pour son intérêt de parler sur les risques auxquels sont exposés les enfants appartenant aux secteurs les plus modestes de La Havane, et de l'importance de l'école pour ces enfants ».

La première du film a été le 20 février à Mexico (D.F) et il est né dans un atelier que Daranas Serrano a partagé avec un groupe d'étudiants de la Faculté des Arts des Moyens de Communication audiovisuelle de l’Université des Arts.

« Mais la contribution de ces étudiants, ajoutée à celle des propres enfants du film -qui ne avaient pas de l'expérience comme acteurs, parce qu'ils ont été choisis de La Havane et La Vieille Havane, dont beaucoup avaient des problèmes très similaires à ceux que nous abordons- a été décisive dans la fin de l'histoire et la conception des personnages, mais il y a eu aussi une excellente équipe de professionnels », explique le cinéaste depuis Cuba, après son retour de la 29e édition des Prix Goya, le 7 février dernier à Madrid, en Espagne, où son film a été nominé pour le Meilleur film latino-américain. Ainsi a été sa carrière réussie:

Au Festival de Málaga, il a remporté le Prix Biznaga de Plata du Meilleur Film, Meilleur Réalisateur, Prix du Public, Meilleur performance féminine (Alina Rodríguez) et Mention performance masculine (Armando Valdés Freire); au Havana Film Festival de New York, il a remporté les prix au Meilleur Film et Meilleur performance féminine (Alina Rodríguez); au Festival International de Cinéma de Brasilia, le prix du Meilleur scénario (Ernesto Daranas) et Meilleure performance masculine (Armando Valdés Freire); au Festival de Cinéma de Lima il a remporté le Prix du Public.

Au Festival international de Cinéma de Mérida et de Yucatan, au Mexique, il a remporté le prix au Meilleur long métrage de fiction; au Festival de Huelva, en Espagne, la Carabela de Plata au meilleur film dans la Section Rábida, et il a été reconnu comme le Meilleur film sur les enfants par le Fonds du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (Unicef). En outre, dans le Festival de Cinéma de La Havane, Conducta a triomphé catégoriquement. Son créateur et aussi scénariste dit tout simplement:

« Toutes les personnes qui avons réalisé le film nous identifions trop avec histoire. Ce qui est arrivé après dépasse complètement nos expectatives ».

Son histoire se développe à La Vieille Havane, où le garçon Chala (Armando Valdés) est âgé d’onze ans et vit tout seul avec sa mère alcoolique et toxicomane. Il entraîne des chiens de combat pour gagner de l'argent et l'aider. Cette ambiance de violence se reflète à l'école: Carmela est son enseignante de sixième année, pour qui il épruve un grand respect; mais quand elle tombe malade et quitte la salle de classe, Chala est transféré à une école pour des élèves ayant des troubles du comportement (en espagnol : escuela de conducta) à cause de sa conduite. À son retour, Carmela s’oppose à cette décision et à d'autres transformations qui ont eu lieu dans sa classe pendant son absence.

Les acteurs qui incarnent ces personnages sont Alina Rodríguez (Carmela), Armando Valdés Freire (Chala), Silvia Águila (Raquel), Yuliet Cruz (Sonia), Armando Miguel Gómez (Ignacio), Amaly Junco (Yeni), Miriel Cejas (Marta), Idalmis García ( Mercedes) et Thomas Cao (Carlos), entre autres.

Votre but était d'exposer la violence et la décomposition des familles auxquelles sont exposés les enfants de la capitale cubaine?

Notre attention se centre sur la façon dont les conditions économiques et sociales touchent la famille et l'école. Les discours et les prétextes ne valent rien face à ce qui nous montre la réalité. La professeur Carmela veut que sa salle de classe soit un espace différent où le critère de chaque enfant soit respecté mais sans l'idéalisme, avec les vertus et les défauts que tout œuvre humaine implique.

Chacun des personnages de Conducta se déplace dans différentes échelles de valeurs et dans chacun il y a une éthique qui se correspond avec la réalité dans laquelle ils vivent.

Cependant, ces conflits de violence, toxicomanie, pauvreté, etc., sont présents non seulement à Cuba mais dans presque tous les pays, et les enfants sont les plus vulnérables. Quelle réaction a provoqué le film dans tous les pays et festivals où il a été projeté?

Lorsque nous étions en train de créer le film nous pensions que c’était une histoire très locale, le magnifique accueil dans des cultures si diverses nous a surpris. Je pense que cela a beaucoup à voir avec l'authenticité des enfants et le fait d’avoir placé le drame humain au centre de tous nos buts.

Ernesto Daranas, réalisateur de Conducta.Ernesto Daranas Serrano (La Havane, 1961) a été scénariste pour la radio, puis a travaillé à la télévision. Son premier film, Los dioses rotos, a été proposé par Cuba aux Prix un Oscar en 2010, et la même chose s’est passée avec Conducta.

Il y en a qui croient que l'éducation est la seule chose qui sauvera les nouvelles générations dans le monde. Qu’en pensez-vous?

Parfois il y a la tendance à simplifier l'éducation comme l'école. Mais l'éducation dans son sens le plus large et véritable vient de la famille, de l'école, de la culture, des valeurs, des conditions sociales et de nombreux autres facteurs qui façonnent l'enfant. Les conflits actuels ont leur origine dans l'absence d'une éducation tolérante et inclusive.

La pauvreté, l'ignorance et les fondamentalismes gagnent du terrain là où cela n’est pas compris, et les enfants sont les premières victimes de cela.

C’est intéressant le rôle de l'enseignant que vous montrez ici avec le personnage de Carmela. Comment l’avez-vous conçue?

C’est un personnage fictif créé à partir de nombreuses références, des professeurs de mon enfance jusqu'à ceux que nous avons interviewés lors de notre recherche, y compris une enseignante qui s’appelle Carmela qui a enseigné l’un de mes enfants et qui m'a aidé dans le processus précédant le script.

C’est elle qui a écrit ce qui apparaît dans chacun des tableaux noirs du film, et elle a choisi les citations notre poète national José Martí; dans la vie réelle ses cours commencent toujours de cette façon. Mais ce personnage s’est nourri aussi de la recherche  précédente faite par les étudiants de la Faculté de Cinéma de l'Institut Supérieur de l’Art de La Havane.

J’ai toujours voulu travailler avec l’actrice Alina Rodríguez, a-t-il ajouté, mais vraiment quand j’ai écrit le scénario celle que j’avais à l'esprit était la véritable Carmela, et Alina a travaillé beaucoup et durement dans son caractère, et elle a rempli de sens chaque détail de sa Carmela.

Quel rôle doit avoir l'enseignant à Cuba et dans le monde en général ?

Je suis diplômé en pédagogie et j’ai exercé la profession pendant quelques années avant de me consacrer au cinéma. Dans ne importe quelle latitude le rôle de l'enseignant est difficile et beau en même temps.

Étant l'un des piliers éthiques de la société, il devrait promouvoir les valeurs qui accompagnent les êtres humains dans leur chemin à travers la vie; mais il est indispensable aussi de mettre à jour ce rôle selon les exigences du présent.

Qu’est-ce qui vous inquiète chez les nouvelles générations à Cuba ?

Qu’ils n’ont vu rien d’autre que la crise que, dans tous les niveaux, Cuba a vécu dans le dernier quart de siècle.

Vous avez abordé des problèmes de la société havanaise comme la prostitution, la pauvreté ou l'absence des parents; et même dans cette histoire, la toxicomanie. Pourquoi ? Est-il facile de faire des films à Cuba avec ces sujets ?

Nous n’avons jamais mis au premier plan les questions sociales ou la prétention de signaler. Nous nous avons concentré en concevoir une histoire et en conformer des personnages se déplaçant efficacement à son intérieur. Mais logiquement, tout cela est entouré par un groupe de problèmes humains et sociaux ayant un impact inévitable sur les enfants, sur la famille, sur l'école et sur la société elle-même.

Sur un plan plus personnel, j’ai vécu toute ma vie dans les mêmes quartiers où se développe la trame de Conducta, donc je me réfère à quelque chose que je connais et que j’ai appris à aimer à ma manière. Inévitablement je parle de cela dans mes films et je dois admettre que j’ai pu le faire sans des interférences d'aucune sorte, même avec le soutien de différentes institutions.

Mais je ne peux pas m’empêcher de dire que d'autres cinéastes ont dû faire face à différentes formes de censure lorsqu’ils abordent des différents aspects de la réalité cubaine.

Conducta es une production du Ministère de la Culture, de l’Institut cubain des Arts et de l’Industrie cinématographique (ICAIC) et de RTV Comercial, avec la collaboration de l'Association cubaine de l'Audiovisuel et de la Faculté des Arts des Moyens de Communication Audiovisuelle de l’ISA.

Chaque nouveau travail nous révèle de nouveaux trucs du métier et, surtout, de nous-mêmes en tant qu'individus et en tant que créateurs. Conducta a confirmé ma conviction de que nous ne devrions pas aborder une question sur laquelle nous ne soyons pas prêts à changer notre point de vue.

Que pensez-vous de la première de Conducta au Mexique?

Le Mexique est la place principale pour le cinéma de l’Amérique hispanique, et un cher endroit pour moi. En fait, une partie de la postproduction de Conducta et de mon film précédent ont été réalisées dans le District fédéral, de sorte qu’elles ont en partie quelque chose du Mexique. J’espère que Conducta sera bien reçu.

Quelle est votre opinion sur la nouvelle relation entre Cuba et les États-Unis ?

Le blocus a été une absurdité avec de graves conséquences pour les deux pays et, surtout pour les Cubains vivant à l'intérieur et à l'extérieur de l'île. Le véritable but devrait être de normaliser nos relations complètement. La plupart des Cubains souhaitent que cela s’accompagne d'une amélioration réelle des conditions de vie, en particulier pour les secteurs les plus modestes et que ce soit la fin de tant d'autres contraintes internes qui ont limité pour des années les options d'autoréalisation et développement.

 

Tiré de Proceso.com.mx

 

Ajouter un commentaire