• Icono de YouTube
  • Icono de Google Plus

CUBARTE

todo

Víctor del Campo: « L'art cubain est parmi les plus reconnus de toute l'Amérique »

Par Adalys Pérez Suárez
Source CUBARTE 04.10.2016

Víctor del Campo
Víctor del Campo

Parmi les personnalités étrangères qui donnent du prestige avec leur présence à la IXe Rencontre nationale de Gravure figure Víctor del Campo, prestigieuse figure des arts visuels espagnols pour son travail dans la direction de foires internationales telles que Estampa, à Madrid, d'art multiple contemporain; ou celle de gravure qui se tient à Bilbao.

A cette occasion, l'également connu conservateur d'art s'est rendu à la capitale cubaine à la tête de l'exposition sérigraphique Desde Cuenca hasta La Habana. De Javier Cebrián a Luis Cabrera, qui est exposée à l'Atelier expérimental de la Graphique de La Havane.

Est-ce votre première visite à La Havane?
Non. Et j'eu la chance de venir en 1995, lors de la célébration de l'Année culturelle de l'Espagne à Cuba. La ministre espagnole en ce temps-là, Carmen Alborch, m'a chargé d'être le commissaire de l'exposition de l'art espagnol.

Cela comprenait deux actions: une rétrospective de la gravure du XXe siècle en Espagne, qui a été réalisée au Centre Wifredo Lam; et un atelier avec des grands artistes espagnols et cubains à l'Atelier expérimental de la Graphique de La Havane.

Depuis lors je n'étais pas retourné. Cependant, depuis 1995 j'ai maintenu une relation constante et fluide avec l'Atelier et avec les artistes cubains qui ont toujours participé à la plupart des projets que nous avons faits en Espagne, à travers de pavillons, d'expositions ou de stands. C'est le cas de la dernière Foire de la Gravure et du Dessin à l'Académie royale des beaux-arts de San Fernando.

Ce sont donc vingt ans déjà de relation intense qui, par ailleurs, est justifiée car le niveau de l'art, de la qualité et du concept est si élevé chez les artistes cubains, que tout ce que je peux faire pour contribuer à répandre cette excellence à l'étranger, j'ai l'intentton de le faire.

Pensez-vous que ce niveau a été maintenu au cours des années?
A cette époque-là j'eu la chance de rencontrer Kcho, de rencontrer Los Carpinteros. Ils étaient encore jeunes, mais ils commençaient déjà à avoir une réputation nationale et internationale qui est aujourd'hui impressionnante.

Mais, tout comme eux, il y a un autre groupe d'énormes artistes qui ont fait que l'art cubain soit parmi les plus reconnus de toute l'Amérique. Je suis sûr que sur les marchés de l'art dans les foire de Miami, aux États-Unis, l'art cubain est très apprécié.

C'est une vision très personnelle, mais je dois admettre qu'en Espagne il n'est pas suffisamment connu. Il faut encore savoir beaucoup plus, surtout parce qu'en Espagne il y a un attachement envers Cuba immense, incomparable avec d'autres pays ; mais cet attachement n'a pas été transmis à essayer d'approfondir et de connaître la réalité de l'art cubain contemporain.

D'autres chapitres sont très bien connus, comme la danse de cette ambassadrice universelle qui est Alicia Alonso. Et la musique, bien sûr.

Cependant, les arts visuels ont encore un chemin à parcourir et c'est pourquoi je suis également ici, pour sélectionner des artistes et essayer de les promouvoir dans les grandes villes espagnoles au cours des prochaines années.

Ces derniers temps, certains membres de l'Atelier expérimental de la Graphique de La Havane ont participé à des foires espagnoles.
J'étais le directeur de la Foire internationale de Gravure de Bilbao et ils ont été invités mais, auparavant, quand j'étais directeur de Estampa, l'Atelier avait été invité à plusieurs reprises.

Récemment, dans la dernière édition de juin l'Académie royale des beaux-arts de San Fernando, Max Delgado et Octavio Irving ont été également présents avec leurs œuvres.

Précisément l'une des raisons pour lesquelles je suis ici est d'avoir des rencontres avec des jeunes artistes qui travaillent aussi sur papier, car j'ai l'intention d'organiser un pavillon cubain dans la prochaine édition de la Foire de Madrid.

Vous nous avez apporté aussi une exposition de sérigraphie espagnole contemporaine.
C'est une exposition très spéciale parce qu'en Espagne on célèbre un anniversaire important qui est le cinquantième anniversaire de la fondation du premier Musée de l'Art abstrait, et aussi presque le premier Musée de l'Art contemporain dans la ville de Cuenca. D'où le titre de l'exposition: Desde Cuenca hasta La Habana.

Elle rend hommage à cette fondation et à un grand artiste qui a été Javier Cebrián, qui était un estampeur aussi . Il avait un atelier et il me semblait donc très adéquat d'être dans celui-ci.

Grâce aux mains de Javier Cebrián, de nombreuses œuvres des plus importants artistes espagnols et des plus reconnus internationalement ont été estampées.

La technique utilisée dans ces œuvres est principalement la sérigraphie parce que l'atelier de Javier Cebrián était spécialisée principalement dans la sérigraphie, technique qui démocratise l'art.

Il faut garder à l'esprit que, pour l'époque -la fin des années 60, sous la dictature du général Franco- Javier Cebrián et les artistes autour de lui étaient très progressistes, très avancés, très sociaux et eux, avec ce concept démocratisant, ils ont fait une sorte de critique dissimulée au régime et à la situation qui existait à ce moment-là, à travers l'art et les techniques de sérigraphie.

Ensuite, le deuxième titre de l'exposition est Desde Javier Cebrián a Luis Cabrera. Que veux-je dire? J'encadre aussi un voyage des artistes espagnols jusqu'aux artistes cubains les plus importants qui habitent en Espagne, comme c'est le cas de Luis Cabrera,  qui possède le mastère de gravure le plus important de la Maison de la Monnaie en Espagne.

C'est la singularité de l'exposition. C'est un voyage dans le temps. Nous découvrons un artiste comme Javier Cebrián puis nous attirons également l'attention sur d'autres Cubains qui sont à Madrid nous offrant leur talent.

Quelques mots sur votre conférence au Centre pour le Développement des arts visuels, lors de la clôture de l'événement théorique de la Rencontre.
Au lieu de donner un conférence, j'ai préféré d'organiser une table ronde à laquelle participent tant des artistes espagnols que des artistes cubains et la modérer un peu, pour essayer d'analyser, entre tous, la situation actuelle de la gravure et les particularités des points de vue des deux côtés.

 

Ajouter un commentaire