• Icono de YouTube
  • Icono de Google Plus

CUBARTE

todo

Fidel et le ballet cubain

Par Miguel Cabrera
Source Granma 13.08.2016

Alicia Alonso et Fidel Castro
Alicia Alonso et Fidel Castro

Parmi les nombreuses injustices à réparer par la Révolution triomphante le 1er janvier 1959, il y avait la réorganisation de l’actuel Ballet National de Cuba, détruit par la tyrannie de Batista, en septembre 1956, à cause du fait qu’Alicia et Fernando Alonso, et leurs plus proches collaborateurs, ne se sont pas prêtés à se convertir en agents de propagande de ce régime sanguinaire.

L’infime subvention que recevait la compagnie, arrachée à l’État cubain depuis 1950, par la pression de la FEU (Fédération Estudiantine Universitaire) et d’autres secteurs progressistes de la nation, a été fermée en viles représailles, ce qui a conduit les valeurs les plus prometteuses à vivre seulement dans le savoir-faire de l’Académie de Ballet Alicia Alonso, dont les responsables n’ont jamais perdu la foi dans un avenir meilleur.

Deux personnes très proches d’Alicia et Fernando et au travail de la compagnie, ont été essentielles pour que Fidel, depuis les jours de la Sierra Maestra et des premiers moments du triomphe révolutionnaire, soit au courant de l’ampleur qui a causé une agression aussi injuste envers la culture de notre patrie. Il s’agissait du Dr. Julio Martínez Páez, Commandant de l’Armée Rebelle, combattant de la Colonne 1, sous le commandement du leader de la Révolution jusqu'à la fin de la guerre et le premier ministre de la Santé Publique du Gouvernement Révolutionnaire ; et le capitaine Antonio Núñez, topographe du Che dans les conflits de l’Escambray et de Santa Clara. Les deux avaient été de fidèles collaborateurs du ballet cubain dès la création de la compagnie le 28 octobre 1948.

Antonie Núñez, un ami personnel des Alonso et marié à la danseuse Lupe Véliz, a été membre du Ballet, où il a fait divers travaux, spécialement à l’époque où il a été poursuivi férocement pour ses idées communistes.

Le Dr Julio Martínez Páez, parmi ses nombreux liens avec notre mouvement artiste, a été le président de l’Association Alicia Alonso Pro Ballet à Cuba et du Patronat du Ballet de Cuba, deux institutions clefs quant à la défense du ballet cubain lors de notre trouble étape républicaine.

J’ai eu le privilège d’entendre le propre Martínez Páez, lors des visites fréquentes des membres du Ballet National de Cuba dans sa maison à Miramar, raconter combien était réceptif le leader de la Révolution quand, lors des rares trêves des combats et de la lutte de guérilla, il lui offrait des informations sur les triomphes et les avatars de la prestigieuse institution artistique au cours des différents gouvernements.

Ce n’est donc pas un hasard que les premières représentations de la compagnie après le triomphe révolutionnaire aient été dédiées à l’Armée Rebelle et au Gouvernement Révolutionnaire, dans le théâtre Blanquita, aujourd'hui Karl Marx, à partir du 3 février, des représentation qui ont compté la présence de Fidel et des paroles d’ouverture à la charge du Dr. Martínez Páez.

Il y a une anecdote connue : quelques jours après la victoire, le Commandant en Chef, accompagné de Núñez Jiménez, a rendu visite aux Alonso et il a garanti tout le soutient nécessaire pour la réorganisation de la compagnie, ce qui a eu lieu en juillet de 1959.

Le plus important soutient à notre ballet a eu lieu quand, dans sa condition de Premier Ministre, il a signé la Loi 812, promulguée le 20 mai 1960, qui garantissait non seulement financièrement l’avenir du ballet cubain, mais qui reconnaissait son honorable travail en faveur de la culture nationale.

Le texte affirme « le ballet est, sans aucun doute, une des plus hautes et jolies manifestations artistiques, qui compte déjà une tradition dans notre pays en raison des efforts réalisés par des institutions privées, principalement le Ballet de Cuba qui, suite à de longues années de travail patient et unique, a réussi à maintenir le culte et l’amour pour la danse, dont sa première figure, la remarquable danseuse Alicia Alonso, a obtenu de notable triomphes qui rendent honneur à notre patrie ».

Peu de temps avant il avait donné son appui enthousiaste au 1er Festival International de Ballet avec sa participation à la  représentation publique massive, qui a eu lieu sur l’alors Plaza Cívica, le 27 mars de la même année.

Depuis lors la proximité de Fidel nous a toujours accompagné, dans sa gestion politique et gouvernementale, assistant à nos spectacles, dans les divers hommages rendus à Alicia et aux membres de la compagnie, aux célébrations ayant une importance historique, comme la célébration du 30e anniversaire de la compagnie et au 35e du début d’Alicia sur scène dans Giselle, les 31 octobre et 2 novembre 1978, respectivement ; lors de la remise solennelle de l’Ordre José Martí à notre illustre danseuse dans le Palais de la Révolution, en 2000 ; ou le 22 juin 2001, quand l’École Nationale de Ballet a reçu la belle demeure qui est maintenant son siège, et lors de celui où plus de quatre mille étudiants des écoles havanaises se sont initiés à l’art du ballet, au moyen des ateliers de formation professionnelle qu’il a conçu et soutenu de manière décisive, ainsi que pour son appui constant quant à la réalisation de Cours d’Histoire et d’Appréciation du Ballet qui ont été développés en 2002 dans les programmes télévisés Université pour Tous.

Le 19 octobre 2002 il nous a accordé l’honneur de prononcer les paroles d’ouverture du 18e Festival International de Ballet de La Havane, où il a donné sa valorisation de l’admirable lutte historique de notre ballet, affirmant : « La Révolution Cubaine, dès les premiers mois du triomphe, a mis à la disposition de cette compagnie de danse les ressources disponibles afin qu’elle se développe, s’étende et croisse. L’excellence d’Alicia, son talent, sa ténacité et son exemple, qui ont inspiré des générations d’artistes brillants, ont rendu possible ce miracle : l’existence du Ballet National de Cuba ayant une qualité et un prestige mondial ; la naissance de l’école cubaine de ballet, synthèse de l’universalité, de la tradition, de la cubanité et d’un style propre, reconnue et acclamée dans le monde entier ; la formation de nouvelles et d’extraordinaires valeurs et la possibilité d’atteindre d’autres rêves ambitieux ». 

La préservation de ce « miracle », avec loyauté, le sentiment d’appartenance et avec les plus hauts niveaux d’excellence quant à sa projection nationale et internationale, est le vibrant hommage que tous les membres du ballet cubain doivent rendre lors ce jubilé pour le 90e anniversaire de sa naissance.

Historien du Ballet Nacional de Cuba

 

 

Ajouter un commentaire