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Jours d’octobre

Par Graziella Pogolotti Jacobson
Source Juventud Rebelde 24.10.2016

Archivo Escambray
Le patrimoine documentaire du pays

Pour les Antillais, octobre a été particulièrement un mois de cyclones. Certains de ces ouragans sont entrés dans la légende, transmise de parents à enfants. Les Havanais ont créé une culture autour du phénomène météorologique.

Tout commençait avec le clouage des portes et des fenêtres. Selon les possibilités de chaque foyer, on accumulait de la nourriture, des bougies et du pétrole. Ensuite on entreprenait un parcours afin d’évaluer les conséquences de la catastrophe et on gardait des anecdotes pour les conversations dans les lieux fréquentés par le voisinage.

Le passage périodique des ouragans semble un avertissement de la nature, maltraitée par l’humanité de manière irresponsable. Son grondement nous rappelle qu’elle est là et que nous dépendons d’elle. Pour les Cubains, ce mois tempétueux possède une charge historique fondamentale. Un 10 octobre, Carlos Manuel de Céspedes a commencé la lutte pour l’indépendance. Dans le même acte, il a donné la liberté à ses esclaves. Cet événement allait presque avoir un siècle quand Ernesto Guevara est tombé en Bolivie. Les deux faits unissent un long processus historique. L’analyse de chacun montre que les enjeux politiques et sociaux sont inséparables. Un lien similaire existe entre le destin de chacune de nos nations et l’ensemble de l’Amérique Latine, surtout dans une époque de l’accroissement de l’asymétrie entre le pouvoir hégémonique et les pays qui émergent du néocolonialisme. Dans cette lutte collective, le rôle des personnalités dans la direction des mouvements de libération ne peut pas être écarté.

Ingenio (exploitation de la canne à sucre) de petite dimension, La Demajagua s’est convertie en un symbole rédempteur. En 1902, après tant de lutte, une République accablée par l’empreinte néocoloniale est née. Les Cubains d’alors ont souffert une amère déception. Certains sceptiques se sont accommodés à la nouvelle situation. Dans la République des généraux et des docteurs, certains opportunistes se sont joints au train républicain. D’autres avec des grades conquis lors des années de guerre, ont profité des mérites accumulés. Il y a eu aussi les incorruptibles, le point de départ d’un réalignement des forces et du dessin de différentes stratégies pour continuer la lutte dans les nouvelles conditions. Les idées ont orientées des actions qui ont défini les programmes forgés dans l’affrontement contre Machado et Batista.

Malgré l’abandon gouvernemental, l’absence d’une législation protégeant les biens de la nation et de la vente incontrôlée de documents par ceux qui affrontaient des besoins financiers, des institutions de caractère patrimonial ont commencé à être fondées avec le XXe siècle. Les locaux n’étaient pas appropriés, mais les biens ont été conservés dans le cadre de la Bibliothèque Nationale, des Archives Nationales et du Musée National. Avec le triomphe de la Révolution, il y a eu un intense travail de sauvetage basé sur un corps législatif essentiel. Cependant, la popularisation de la compréhension de l’importance des biens documentaires a été insuffisante. Nous avons parfois été témoin du triste spectacle de précieux livres mis à la poubelle. De même, l’ignorance a conduit à la disparition des témoignages du processus politique, économique, social et culturel de la nation.

Comprendre l’histoire exige l’insertion des grands événements avec la vie quotidienne des groupes sociaux dans les différents territoires. C’est pour cette raison que les registres notariaux des mariages et des transmissions d’héritages sont intéressants, tout comme le mouvement des passagers dans les différents ports, les annonces publiées dans la presse, les manuels utilisés dans l’enseignement à travers le temps ou les programmes des spectacles. Dans toute l’Amérique Latine, il est important de savoir quels livres circulaient légalement et illégalement, c’est un facteur clef pour savoir comment, dans l’échange entre l’ici et le là, entre le sous-continent soumis et la métropole dominante, se consolidait une pensée propre, une nuance de l’indépendantisme et de l’émancipation. Rodríguez Morey s’est enchâssé dans le conglomérat hétérogène qu’est l’antécédent et l’origine de notre Musée National. Des intellectuels cubains ayant une conscience patriotique sont passés dans les archives et la bibliothèque. La récente publication de Órbita de José Antonio Ramos, à la charge de l’investigatrice Cira Romero, rend hommage au témoin singulier de la république néocoloniale qui a souffert d’amère déception devant le spectacle de la République corrompue et dépendante. Chercheur lucide, il a écrit des essais, des romans et des pièces de théâtre. Toujours afféré à ses réserves morales, ses idées ont traversé un lent et organique processus de radicalisation.

Installée dans le Castillo de la Fuerza, la Bibliothèque Nationale s’est convertie en ultime refuge d’une volonté de service pour la patrie. Peu de lecteurs se rendaient dans ce local vétuste. Mais là étaient conservés des biens révélant toute leur richesse après le triomphe de la Révolution. Des livres, des journaux, des manuscrits, des gravures, des cartes avaient eu un abri, une protection et un refuge en attendant le moment où les chercheurs et les étudiants envahissent les salles du bâtiment érigé sur la Plaza de la Revolución.

Le patrimoine documentaire du pays va au-delà des frontières havanaises. Les bibliothèques et les archives provinciales conservent des trésors souvent sous-estimés. L’avidité des marchands s’est value des difficultés économiques de certains pour extraire des précieux documents du pays. Ceux qui agissent ainsi savent ce qu’ils font en termes commerciaux et au détriment des valeurs fondamentales de la nation. Ces documents, même s’ils semblent apparemment endormis durant des années, un jour, quelqu'un tombera sur eux. Ils fourniront la clé pour pénétrer dans un territoire ignoré, prodigue en réponses et ouvert à de nouvelles questions.

 

Graziella Pogolotti

Par Graziella Pogolotti Jacobson

Nació en París, el 24 de enero de 1931. Hija de Marcelo Pogolotti. Crítica de arte, prestigiosa ensayista y destacada intelectual cubana, promotora de las Artes Plásticas Cubanas. Profesora universitaria y vicepresidenta de la Unión Nacional de Escritores y Artistas de Cuba. Ha colaborado con las principales publicaciones cubanas y con importantes extranjeras. Ha dirigido trabajos de investigación social de la Universidad en la Sierra del Escambray, en la provincia de Las Villas. Como asesora de la Biblioteca Nacional propició un serio trabajo a favor de la promoción de la lectura en todo el país.

Ha estado presente en importantes eventos, reuniones, foros, donde se han debatido problemas trascendentales de la cultura nacional. Su posición orientadora ha permitido la configuración de proyectos y programas de trabajo cuyos objetivos han contribuido al mejor desempeño en el programa de directores de cultura a todos los niveles así como promotores, instructores de arte, artistas.

Héroe del Trabajo de la República de Cuba.

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