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La Fondation de l'UNEAC

Par Lisandro Otero González
Source Lettres de Cuba 22.08.2016

UNEAC
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L'année 1961 a commencé avec la rupture des relations des États-Unis avec Cuba, ce qui faisait présager une accentuation des antagonismes. Dans l'Escambray, les bandes contre-révolutionnaires étaient approvisionnées par air. Une armée de cent mille alphabétisateurs volontaires a commencé à s’organiser. Le caractère socialiste de la Révolution est déclaré le 16 avril et le jour suivant une brigade mercenaire débarquait à Playa Girón, qui sera mise en échec en trois jours. Le 6 juin est approuvée la loi de nationalisation de l'enseignement et, en décembre, le pays était déclaré territoire libre d'analphabétisme. Ce fut une année dramatique, fructueuse, émouvante. La culture était un secteur indispensable dans la réorganisation institutionnelle qui se développait. Lors de l’été 1961 on avait déjà créé l'ICAIC, la Casa de las Américas et le Conseil National de la Culture. Les 16, 23 et 30 juin 1961, les figures les plus représentatives de l'intellectualité cubaine se sont réunies avec Fidel dans la Bibliothèque Nationale pour examiner les problèmes inhérents à la création littéraire et artistique.

Le 30, Fidel Castro a fait un résumé des discussions, il a réalisé une analyse des inquiétudes de cette époque et on a analysé la perspective historique qui s’ouvrait devant la culture cubaine. Ce discours est connu sous le nom des Paroles aux Intellectuels. Fidel a affronté le problème principal qui flottait dans l'atmosphère, celui de la liberté de création artistique, et il s’est demandé comment la Révolution, qui transforme les conditions de travail déprimantes que souffraient les écrivains et les artistes, pourrait changer l'atmosphère créative que la Révolution avait favorisée. Fidel a affirmé que la Révolution devait aspirer que non seulement les révolutionnaires, non seulement l'avant-garde, mais tous les citoyens honnêtes marchent ensemble, qu’ils soient ou non écrivains ou artistes. La Révolution, a-t-il continué, devait comprendre ce secteur et rendre propice un espace où se manifesterait ses initiatives en s’exprimant dans la Révolution.

De là vient la définition la plus connue de son discours, qui s'est converti un guide pour la pratique durant les années à venir : « Ceci signifie que dans la Révolution, tout ; contre la Révolution, rien. Contre la Révolution rien, car la Révolution a aussi ses droits et le premier droit de la Révolution est le droit d'exister et face au droit de la Révolution d'être et d'exister, personne. Dans la mesure où la Révolution comprend les intérêts du peuple, dans la mesure où la Révolution signifie les intérêts de toute la nation, personne ne peut alléguer avec raison un droit contre elle. »

Fidel voyait avec clarté les dangers qui se profilaient dans un futur immédiat. N’importe quelle fissure dans l’unité nécessaire serait utilisée par nos antagonistes. La révolution devait survivre avant tout car le grand mouvement social était la base de tout, de la culture, du droit à une vie meilleure de notre peuple.

Les travaux préparatoires du Premier Congrès des Écrivains et des Artistes de Cuba, qui a eu lieu dans l'Hôtel Habana Libre, ont commencé après cette rencontre. L'UNEAC a été fondée et sa première présidence élue : Président, Nicolás Guillén ; Secrétaire de l'Organisation, Roberto Fernández Retamar ; Secrétaire des Activités Culturelles, Lisandro Otero ; Secrétaire des Actes, José A. Baragaño. Nous avons reçu l’ancienne résidence de Gelats comme siège et nous avons commencé à travailler avec un énorme enthousiasme. Nicolás, avec sa bonne humeur traditionnelle, sa bonhomie et sa politique de bras ouverts a été un facteur solide dans le succès initial. Roberto, l’éternel animateur des revues et des publications, a immédiatement conçu la revue Unión qui, dès son premier numéro, est sortie avec le prestige de nos meilleures signatures : Alejo, Fayad. Luis Martínez Pedro a dessiné le logo que nous utilisons encore actuellement. À coté de Nicolás, j'ai entrepris la création de La Gaceta de Cuba dans laquelle nous comptions l'appréciable coopération de Felito Ayón en utilisant les ateliers d’Úcar García. Chaque nouveau numéro nous rassemblait dans l’imprimerie et nous le prenions du marbre, avec l'encre fraîche, pour relire les textes et jouir de la mise en page. En même temps, j’ai aussi fait les premiers pas pour fonder la maison d’édition Unión et les premiers titres ont commencé à sortir immédiatement.

Dans notre Union des Écrivains et des Artistes on voit nettement qu’il existait une continuité depuis les intellectuels qui ont fondé notre nationalité jusqu'à ceux qui ont pris les armes pour défendre notre révolution socialiste. Une même pulsion, une même raison, un même élan est ce qui a défini nos créateurs dans leur recherche d'une transformation de la vie. Il y a eu des écrivains et des artistes à Yara et au Moncada, il y en a eu à Baire et à Girón, il y en a eu dans la milice et dans le zafra (récolte de la canne à sucre), il y en eu dans les lignes antifascistes d’Espagne, dans l'Escambray, dans les brousses d’Afrique, il y en a eu dans toutes les affrontements, dans toutes les tranchées, dans toutes les luttes idéologiques. Et l'UNEAC continue avec ce même esprit combatif et résolu.

Traduit par Alain de Cullant

 

Lisandro Otero

Par Lisandro Otero González

Nació en La Habana el 4 de junio de 1932 y falleció en la Habana el 3 de enero del 2008. Hijo del periodista Lisandro Otero Masdeu. Cursó la primera y segunda enseñanza en la capital. Fue alumno de la Escuela de Periodismo y Filosofía y Letras de la Universidad de La Habana. Entre 1954 y 1956 estudió literatura en La Sorbona. Participó en la lucha clandestina contra el régimen de Batista. Después del triunfo de la Revolución fue nombrado director general de la municipalidad de La Habana. Fue jefe de redacción del periódico Revolución. Tomó parte de la Conferencia por la Soberanía Nacional, la Emancipación Económica y la Paz, celebrada en México en 1961. Ocupó el cargo de secretario de la Unión de Escritores y Artistas de Cuba, para el que fue elegido en su Primer Congreso en 1961. Fue director de la revista Cuba. Fue merecedor del premio, en la categoría novela, Casa de las Américas de 1963 con La situación. En 1965 fue mención en el Concurso Biblioteca Breve de la Editorial Seix Barral de Barcelona, con su novela Pasión de Urbino. En 1966 ocupó la vicepresidencia del Consejo Nacional de Cultura. Desde el año siguiente y hasta 1968 dirigió Revolución y Cultura, su órgano de difusión. En 1967 asistió al Segundo Congreso Latinoamericano de Escritores, celebrado en México. Visitó, además, Estados Unidos, Inglaterra, España, Italia, Dinamarca, Suecia, Bélgica, Holanda, República Federal de Alemania, Suiza, Unión Soviética, Hungría, Polonia. Impartió conferencias en universidades como La Sorbona, Heidelberg, San Marcos, Londres, Estrasburgo, UNAM de México y Burdeos. Fue consejero cultural de la Embajada de Cuba en Chile, Rusia y Gran Bretaña. Colaboró en Bohemia, Carteles, Granma, Juventud Rebelde, El Mundo, Casa de las Américas, Unión, La Gaceta de Cuba y en Partisans y Europe, ambas de Francia. Autor del libreto de la comedia musical El solar, llevada al cine y al ballet. Publicó más de 20 títulos en los diferentes géneros: novela, ensayo, testimonio y periodismo. Sus obras han sido traducidas al alemán, italiano, francés, inglés, ruso, rumano, búlgaro, húngaro, checo. Fue reconocido con: el Premio Nacional de Periodismo de Cuba, la Órden Félix Elmuza, las medallas Combatiente de la Lucha Clandestina y la conmemorativa del trigésimo aniversario de las Fuerzas Armadas Revolucionarias de Cuba. Asimismo, se le otorgó la Orden Nacional al Mérito, concedida por el gobierno francés, y el Premio Nacional de Periodismo, otorgado por el Club de Periodistas de México. Hasta su muerte presidió La Academia Cubana de la Lengua, fue miembro correspondiente de la Real Academia Española y de la Academia norteamericana de la lengua. Obtuvo varios premios y condecoraciones como: Premio Nacional de Periodismo de Cuba,
Órden Félix Elmuza,
Medallas Combatiente de la Lucha Clandestina y la conmemorativa del trigésimo aniversario de las Fuerzas Armadas Revolucionarias de Cuba.
Orden Nacional al Mérito, concedida por el gobierno francés.
Premio Nacional de Periodismo, otorgado por el Club de Periodistas de México.

Premio de la Crítica Literaria por
Temporadas de Angeles, 1983
Árbol de la vida,1992
Premio Nacional de Periodismo Cultural, 2006.

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