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L'Imprimerie Nationale, la Maison d’Édition Nationale et l'Institut du Livre

Par Rolando Rodríguez García
Source CUBARTE 31.03.2016

Libro
L'Imprimerie Nationale, la Maison d’Édition Nationale et l'Institut du Livre

Cuba est un pays d'écrivains qui ont légué des livres respectables, envoûtants, dont les dimensions ont dépassé les frontières de l'île et, cependant, jusqu’à un peu plus du milieu du 20e siècle c’était un pays ayant très peu de maisons d’édition. Encore plus tôt, au XIXe siècle, il faut souligner que le livre Cecilia Valdés a été imprimé en Nouvelle-Orléans ou à New York et la poésie d’Heredia au Mexique. Évidemment, la censure implacable de l'Espagne ne permettait pas que les œuvres de Martí soient éditées à Cuba.

La situation s’est pratiquement aggravée avec la République. Il n'était pas mieux pour le livre que pour le peuple. Il n’y avait même pas l'étonnement initial devant le prodige de « la machine très ingénieuse et généreuse ». La République a été la médiocrité, le moment où l’on avait la certitude de ne pas être édité était seulement surpassé par celui de ne pas être lu. Ceci ne pouvait pas être autrement quand on permettait qu’il y ait plus d’un million et demi d’analphabètes dans le pays et que de nombreux habitants avaient de très faibles niveaux d’éducation.

Les statistiques montrent que dans les années 50 du XXe siècle, moins d’un million exemplaires étaient publiés par an dans l’île et l’on atteignait à peine le nombre d’une centaine de titres, la majorité étant des ouvrages scolaires.

Le manque d'intérêt pour le livre et la lecture était plus important dans l'intérieur du pays. Si l’on prend en compte qu’avant le triomphe de la Révolution, en gros, la moitié du salaire du salaire national était payé à La Havane, alors que la ville ne comptait que 25 % de la population de l'île. Un indicateur qui nous permet de comprendre le peu de vente de livres dans le pays et, par conséquent, l'absence de lecture. De plus, il ne s’agissait pas seulement du manque de pouvoir d'achat, bien que ce facteur ainsi que l'analphabétisme, faisaient partie d'une situation pathétique. D'un point de vue sociologique, il faut dire que l'existence des lecteurs demande un climat culturel, social, encourageant la lecture et l’habitude de lire. Le livre pourrait être bon marché, mais il n’était acheté ou lu car il ne fallait pas « gaspiller » l'argent. Pour dire les choses brutalement : le livre n'était pas nécessaire.

Toutefois, le système n'oubliait pas l'importance de la lettre et de l'image imprimée. Parmi les peu de choses publiées, une grande partie appuyait cette société sordide. La bande dessinée se convertissait en moyen de communication et son message contribuait à servir de soutient au système. Les aliénants personnages des romans roses de Corín Tellado et les bandes dessinées de Superman été les nombreux agents de l’abêtissement social et de l’évasion. C'est le panorama qu’un illustre conteur a demandé récemment de ne pas se rappeler, nous demandant de l’effacer de l'histoire.

Cet environnement qui nous accompagnait durant la République néo-coloniale, explique pourquoi les œuvres d’Alejo Carpentier, d’Onelio Jorge ou de Juan Marinello ont été publiées à l'étranger et pas à Cuba, tout comme de nombreuses de Nicolás Guillén. À Cuba, il n’y avait de véritables maisons d’édition, car la littérature et les sciences, y compris les sociales, ne trouvaient pratiquement de place dans un marché afin de justifier leur édition. Etant donné que le marché détermine pratiquement tout dans une société capitaliste, on aurait pu écrire un nouveau Don Quichotte à Cuba, mais ici, il n’avait pas sa place.

Avec le triomphe de la Révolution, le gouvernement révolutionnaire a adopté, le 31 mars 1959, une résolution du MINED, grâce à laquelle a été créée l’Imprimerie Nationale. Mais ses tirages ont été remis de quelques mois car l'institution ne comptait pas des moyens d'impression.

Un an plus tard il y a eu un conflit entre les journaux Excelsior et El Pais, les propriétaires les ont abandonné lors d’une assemblée dans l’atelier de la rue Reina, le 15 mars 1960, le Commandant en Chef Fidel Castro a annoncé la décision de convertir cet atelier en la première Imprimerie Nationale de Cuba. Là, il a proclamé devant les travailleurs : « La raison qui justifie, pour la chance du peuple et la votre, le rêve de toute grande Révolution, une Imprimerie Nationale ». Ce 15 mars a solidifié la création de la première maison d’édition de la Révolution et le chemin s’ouvrait pour la profonde nécessité spirituelle de la nation. Le premier livre qui est sorti de ses presses a été El Ingenioso Hidalgo Don Quijote de la Mancha, l’œuvre immortelle de Miguel de Cervantes y Saavedra. Le propre Fidel en a fait le choix lors de sa visite et l’œuvre a été publiée en quatre volumes, au prix de 25 centavos chacun. Le chiffre de 100 000 exemplaires a marqué la forte intention de convertir la lecture en phénomène des masses.

Cette imprimerie était trop rudimentaire et, en 1962, il a été décidé de réorganiser les facteurs qui ont mis en commun dans l'Imprimerie et de créer la Maison d’Édition Nationale de Cuba, comme recteur du système éditorial cubain et de regrouper par branches les autres éléments. Les imprimeries sont donc passées au Ministère de l'Industrie, les librairies ont été subordonnées à un service du Ministère du Commerce Intérieur et une entreprise a été créée dans le système du Ministère du Commerce Extérieur, chargée, parmi d’autres buts, de l'importation et de l'exportation de livres et de revues. Les maisons d’édition du Conseil National de la Culture, de la Jeunesse, de l'Enseignement et de l'Université, ces deux dernières attachées au MINED, ainsi que la Politique et celle du Parti Unifié de Révolution Socialiste ont été fondées dans un même temps. Il n’y a aucun doute que le travail si rapide de la Maison d’Édition Nationale a été remarquablement exemplaire. La clé de son travail est le fait que son directeur n'était autre qu’Alejo Carpentier.

En 1965, une explosion des inscription a eu lieu avec l'entrée de plus en plus d’étudiants dans le système cubain de l’éducation, spécialement dans l'éducation secondaire. Le Ministère de l'Éducation a décidé d'adopter les textes d’une maison espagnole pour l'enseignement. Les manuels étaient d’origine étasunienne et la maison d’édition espagnole les reproduisait dans notre langue. En fonction du marché cette maison d'édition imprimait un total de 2000 ou 3000 exemplaires, mais Cuba en demandait vingt ou trente mille. Le MINED a demandé les droits à l'éditeur et celui-ci a répondu avec un refus incompréhensible. Sa crainte était que ces livres étaient à l'origine d'une maison étasunienne et, s’il y avait un accord avec notre pays, il pourrait perdre la licence de l'édition espagnole.

À cette situation se somme de nombreuses demandes dans l’Université de La Havane, où les étudiants se sont plaints à Fidel qu’ils manquaient de certains livres. Le 7 décembre 1965, dans le département de philosophie, dont j’étais le directeur, Fidel m’a demandé de créer Ediciones Revolucionarias, cette nuit là il m’a dit : « Non seulement ils veulent nous affamer avec le blocus mais aussi avec l'ignorance ». À la mi-1966 il m'a ordonné de créer l'Institut du Livre.

J'ai entrepris ce travail avec passion. Je suis venu à la conclusion qu'il fallait intégrer les différents facteurs, comme pour l’Imprimerie Nationale : prendre les reines directes du système éditorial et le remettre en cause, incorporer les imprimeries dédiées à faire des livres et des revues et au commerce du livre. L’Institut a été constitué avec tous ces éléments qui, pour exemple dans le monde, il est arrivé à avoir le rang d’organisme de l’administration centrale de l’État à Cuba. Nous avons fondus tous les mécanismes et les entreprises du livre en une seule organisation, et, le 27 avril 1967, la loi créant l'Institut a été approuvée. J’ai été nommé son directeur général le même jour.

 

 

 

 

Rolando Rodríguez García

Par Rolando Rodríguez García

Nace en Santa Clara, Cuba, en 1940. Graduado en Derecho, hizo estudios de Filosofía y fue profesor fundador del Departamento de Filosofía de la Universidad de La Habana. Después llegaría a ser su director. Además de ejercer la docencia y la dirección del Departamento, se le designó director de Ediciones Revolucionarias. En 1967, fundó y presidió el Instituto Cubano del Libro y en 1976 fue designado viceministro de Cultura y presidente del Consejo Editorial de ese ministerio. En 1981 pasó a la Secretaría del Consejo de Ministros como jefe del área de asuntos sociales y, más adelante, fue designado su coordinador. En la actualidad es asesor para asuntos especiales de esa misma entidad. 

Ha publicado la novela República Angelical, y, como resultado de sus investigaciones en Cuba, España y Estados Unidos, las obras Bajo la piel de la manigua, Cuba: la forja de una nación, La revolución inconclusa; Los Mangos de Baraguá contra el Pacto del Zanjón, Dos Ríos: a caballo y con el sol en la frente, Los Documentos de Dos Ríos, y Una edición memorable: el Diario del Che en Bolivia. Es coautor de la obra Mella; 100 años. Ha escrito además: Cuba: en busca de las claves de su historia y El largo camino de la independencia; Cuba y José Martí

Ha publicado numerosos trabajos en la prensa cubana y extranjera y dictado decenas de conferencias en universidades y centros académicos y culturales de Cuba, México, Venezuela, Colombia y España. Integra la Cátedra de Estudios Cubanos de la Universidad de Wolverhampton, Gran Bretaña. Ha representado a Cuba en numerosos eventos internacionales. Es miembro de la UNEAC, la Unión de Historiadores de Cuba, la Asociación de Historiadores de América Latina y el Caribe, la Sociedad Cultural José Martí y su consejo de colaboradores y la Unión de Juristas de Cuba. Es vicepresidente de la Fundación Iberoamericana José Martí, de España, y es su Delegado en Cuba. Ha sido propuesto en seis ocasiones, para el Premio Nacional de Ciencias Sociales. Ha recibido numerosas condecoraciones cubanas y extranjeras, entre ellas, las órdenes XX Aniversario del Triunfo de la Revolución, Juan Marinello, la Distinción por la Cultura Nacional, la Medalla 315 aniversario de la Ciudad de Santa Clara y el Sello 80 aniversario de la FEU. Entre otros reconocimientos, ha recibido la Distinción Julio Leriverend, de la Unión de Historiadores. Ha recibido el Premio de la Crítica Científico-Técnica, por Cuba, la forja de una nación. El municipio de Trinidad le otorgó el Escudo de la Ciudad, la ciudad de Santa Clara le confirió el título de Hijo Ilustre, el Museo Histórico del Municipio de Trinidad le otorgó el reconocimiento de Investigador Ilustre, el municipio de Sancti Spíritus le confirió la Llave de la Ciudad, con motivo de su aniversario 490. 

Ha sido designado Presidente de Honor de las X, XI, XII y XIII Ferias del Libro de La Habana; tiene el diploma de Honor de 20 años en la Secretaría del Consejo de Ministros. Ha recibido el Sello Ho Chi Minh, de Viet Nam, la orden Mérito por la Cultura, de Polonia; la Orden Cirilo y Metodio de 1ra. clase; la medalla Centenario de la Cultura Búlgara y la XXX Aniversario del Ejército, de Bulgaria, y ha recibido la Medalla de la Asamblea de la Comunidad de Madrid. Es miembro de varias instituciones e integra el Grupo Nacional de Expertos del Programa Nacional de Historia.

Profesor titular de Historia de Cuba. Miembro de la Casa de Altos Estudios Don Fernando Ortiz, de la Academia de la Historia de Cuba. Premio Nacional de Ciencias Sociales y de Historia.

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